Interview : Marc Baradat, le gagnant de la 17e édition du Concours de Scénarios, réalise son court métrage

En 2016, Marc Baradat remportait le prix du Concours de Scénarios avec Eloïse Lou. Durant l’été 2019, il débutait le tournage de son court-métrage.

Nous l’avons alors interrogé sur son parcours et lui avons demandé ce que le Festival du Cinéma européen représentait pour lui :

Festival du Cinéma européen : Depuis la rédaction du scénario de votre premier court métrage Jusqu’ici en 2013, en quoi votre processus d’écriture a-t-il évolué pour la rédaction de Eloïse Lou ? Vos sources d’inspiration sont-elles toujours les mêmes ?

Marc Baradat : Le scénario de Jusqu’ici était très déstructuré dans la chronologie et la narration. Très impatient, j’avais commencé à écrire le scénario sans avoir toutes les clés du récit en main. Ce manque d’expérience a conduit à une réécriture au montage, réduisant la durée du film par deux, et perdant une partie du casting en route…

Pour Éloïse Lou, même si le synopsis fut écrit d’une traite après l’avoir imaginé durant une balade, j’ai retardé au maximum l’écriture du scénario, préférant travailler en profondeur sur un traitement afin de m’assurer que l’histoire tenait la route, avant de m’attaquer aux dialogues. Je me suis aussi beaucoup intéressé à la psychologie des personnages, m’immergeant dans un milieu adolescent pour en observer leurs comportements, et travaillant avec des psychologues pour valider l’évolution de mes personnages au sein du film. L’essentiel du travail s’est donc fait sur l’écriture des dialogues et les changements de dynamique dans la relation entre les deux personnages.

Mis à part les champs de recherches spécifiques à chaque projet, la source d’inspiration est pour moi toujours la même, l’observation de l’autre et des changements profonds que génère une rencontre marquante.

 

FCE : En 2016, qu’est-ce qui vous a motivé à envoyer le scénario de Eloïse Lou à notre Concours de Scénarios ?

M. B. : À l’époque déjà, je sentais que je tenais une histoire qui avait le potentiel de toucher les spectateurs. L’envie de me confronter à des regards professionnels pour confirmer (ou pas) ce sentiment fut une raison. La seconde fut de déjà anticiper le fait qu’il me faudrait rassembler toutes les formes de soutien qui pourraient aider à la production du film.

 

FCE : En quoi votre prix au Concours de Scénarios vous a-t-il aidé pour la réalisation de Eloïse Lou ?

M. B. : Le concours m’a tout d’abord permis de me rendre compte à quel point ce projet m’était cher et confirmer à quel point le scénario créait de l’émotion chez le lecteur. Remporter le prix m’a donné beaucoup de confiance pour affronter ce qui allait suivre. En parallèle, j’aurais envie de dire que la petite mention du prix sur la première page a pu inciter les divers lecteurs de commissions à lire plus attentivement le scénario, car il apportait une sorte de gage de qualité.

” […] la petite mention du prix sur la première page a pu inciter les divers lecteurs de commissions à lire plus attentivement le scénario, car il apportait une sorte de gage de qualité.”
FCE : Vous avez tourné Eloïse Lou durant l’été 2019. Où en êtes-vous dans sa production ?

M. B. : Nous avons terminé le montage du film début octobre. Nous travaillons actuellement sur la musique originale en parallèle du mixage, et nous enchaînerons sur l’étalonnage en novembre pour terminer le film en décembre.

 

FCE : Quels sont vos futurs projets ? Envisagez-vous de réaliser un long métrage sur le même thème que Eloïse Lou ?

M. B. : J’ai toujours plusieurs projets en gestation, et je n’arrive pas à me cantonner qu’au cinéma. Outres des projets musicaux et de narration interactive, les deux projets d’écriture dans lesquels je compte m’immerger sont un roman en co-écriture, et un long-métrage sur le thème de l’écriture.

On m’a souvent dit qu’Éloïse Lou serait un beau début de long-métrage, mais je n’ai jamais trouvé intéressant de raconter la suite. Pour moi, tout est déjà dit dans ces 23 minutes.

“Il ne faut pas hésiter. Se donner un but et une échéance est toujours une bonne chose pour lutter contre la perte de motivation et la procrastination.”
FCE : Que diriez-vous à un jeune scénariste qui hésite à envoyer son scénario à notre Concours de Scénarios ?

M. B. : Il ne faut pas hésiter. Se donner un but et une échéance est toujours une bonne chose pour lutter contre la perte de motivation et la procrastination. C’est une expérience très intéressante de rencontrer d’autres auteurs et parler de son projet. Par contre, outre l’état d’avancement du scénario, il est capital d’être au point avec l’histoire que l’on veut raconter, et l’intention qu’il y a derrière. C’est ça qui permettra de véhiculer et transmettre l’émotion, générer l’empathie, et convaincre un jury. Mais c’est de toute manière l’étape numéro un de votre processus d’écriture, étant donné que c’est celle qui permet de solutionner tous les problèmes qui seront rencontrés durant le développement.

 

Crédit photo : Laura Delune